Tomas DIVI (1904-1971) : Un artiste Dunois d’origine catalane*

Issu d’une famille d’artistes peintres originaire de la Province de Gérone (nord-est de l’Espagne, frontalière de la France),Tomas Divi étudia pendant 7 ans à l’Ecole des Beaux-Arts de Barcelone. ll y côtoya Salvador Dali… ll vécut chichement de ses pinceaux pendant la période de dictature de Primo de Rivera, qui prit fin en 1931.Durant la guerre civile (1936-1939), il rejoignit le service cartographique de la cavalerie de l’armée républicaine. Puis ce fut la période Franco et son lot de désolation sur le pays. Divi arriva dans un camp d’internement à Argelès puis à Barcarès en 1939 .

Il s’occupa à dessiner des scènes de captivité, témoignages de l’époque. Quelques mois plus tard, par l’entremise du boulanger du camp de Barcarès, il rencontra à Chartres Jean Moulin, Préfet d’Eure-et-Loir, futur chef de la Résistance, homme de culture et dessinateur visionnaire. Devant l’imminence de la Seconde Guerre Mondiale, il conseilla à Divi de gagner Châteaudun où l’usine Paulstra embauchait afin de satisfaire les besoins de l`armement. La période d’occupation l’emmena en Gironde, puis il fut réquisitionné par l’occupant à Châteaudun, mais suite à une grave maladie, il fut déclaré inapte aux travaux de force.

Les restrictions, après l’armistice, ne lui permettaient pas de se fournir en toiles, pinceaux, couleurs ou papier. En 1942, Tomas Divi rencontre Germaine Crépeau, qui devient sa femme. En 1944, à la Libération, la reconstruction de la France fait renaître artisanat, commerce et industrie. Le couple s’installe à Châteaudun, dans une maison, qui devient l’atelier de l’artiste, où celui-ci reçoit ses élèves, amis et visiteurs.

En 1968, un hymne à la Beauce se concrétise par une œuvre forte de sens pour Divi,« L’Oiseau charrue », visible à la Maison de la Beauce à Orgères-en-Beauce. Luttant contre la maladie, c’est très affaibli qu’il accepte l’invitation qui lui est faite d’exposer 70 de ses toiles au Château de Châteaudun à l’été 1969. Le succès est au rendez-vous. Son mal empirant, il est hospitalisé; il meurt le 6 janvier 1971.

Après la disparition de son mari, Madame Divi inventorie et classe 588 toiles et plus de 1 000 dessins, tant le peintre fut prolifique.

Ses œuvres sont présentes à Châteaudun, au Musée des Beaux-Arts, à la Médiathèque, à l’hôpital, dans les écoles, les collèges, le lycée, la Maison de la Beauce à. Orgères-en-Beauce, mais également à Paris, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Angleterre, sans compter les collections publiques et privées.

Les grandes lignes de son expression…
Avant son arrivée à Châteaudun, des témoignages de guerre, natures mortes, scènes de vie quotidienne réalistes.
Les années 40 : influence de Dali et du surréalisme, portraits de femmes
Les années 50 : le Groupe des 7 (peintres et sculpteur)… natures mortes abstraites, portraits de nombreux Dunois
Les années 60 : gravures de Châteaudun (visibles à l’Office de Tourisme), sculptures (bustes, bas et hauts reliefs) , et période abstraite vouée à la couleur
En 1971 : 1ère rétrospective des œuvres de Tomas Divi au Château de Châteaudun pendant 3 mois. D’autres rétrospectives eurent lieu en 2004, à 1’occasion du centenaire de sa naissance (Schweinfurt, Chartres, Bonneval, Châteaudun, Orgères-en-Beauce).

* Source: d’après Michel BRETON – « Tomas Divi (1904-1971) peintre dunois » – Histoire du Pays Dunois,Tome 3 – Société Dunoise p 357 à 375