Jean de Dunois (1402-1468) : le compagnon de Jeanne d’Arc

Il naquit en 1402 ou 1403, de relations extraconjugales entre Louis d’Orléans, frère du roi Charles VI, et Mariette d’Enghien. Son père eut trois garçons de son épouse légitime, Valentine Visconti. C’est avec eux que notre bâtard fut élevé. Principalement connu de nos contemporains pour avoir été le « compagnon de Jeanne d’Arc », il fut un personnage bien plus important pendant les règnes de Charles VII et de Louis XI.

De par ses relations privilégiées avec Charles VII et Louis XI, ses liens avec ses frères légitimes, sa parenté avec la grande noblesse, le Bâtard d’Orléans eut une influence considérable sur la politique du royaume de France à la fin du XVème siècle. Exerçant la fonction de Grand chambellan de France, outre celle de Lieutenant général des armées royales, il eut une action essentielle dans la politique de Charles VII. Si la première partie de son existence fut consacrée à la libération de ses frères captifs, la seconde fut, avec l’obtention du comté de Dunois en 1439,puis du comté de Longueville en 1449, toute acquise à la constitution d’un patrimoine personnel. Acte d’autant plus important, que le comte de Dunois souhaitait le faire perdurer par l’établissement d’une lignée princière. Par la signature de son prénom sur les actes officiels, la création d’une chapelle privée prétendant au statut de Sainte-Chapelle, et le mariage de son héritier avec la sœur de la reine de France, Jean de Dunois, bâtard d’Orléans, fut de facto un prince du sang aux yeux du monde.

L’inventaire de ses biens, la richesse de son livre d’Heures et la prestance de son château de Châteaudun attestent de l’opulence de sa cour ; ainsi que de l’érudition du comte, et de ses qualités de mécène. Il décéda en 1468. Ses descendants, les Orléans-Longueville, furent pendant dix générations de grands seigneurs reconnus comme « Princes du sang » par Charles IX, Louis XIII et Louis XIV. Alliés aux grandes familles nobles, ils devinrent comtes, princes souverains de Neuchâtel ; le dernier, Charles-Paris d’Orléans-Longueville aurait pu être élu Roi de Pologne s’il n’était mort au combat en 1672. Son frère, Jean-Louis-Charles s’éteignit en 1694, mettant fin à la dynastie.

– BORD Pauline, jean de Dunois, la fidélité récompensée, Société Danoise, 2013.
– L’HOTE René, « La dynastie des Orléans-Longueville, descendants de jean de Dunois, princes du sang », Bulletin de la Société Dunoise, n°304 – p. 7-102.